Pendant des années, j'ai cru que pousser plus fort voulait dire aller mieux. 18 ans dans des environnements internationaux - multinationale pharmaceutique, industrie, finance, audit interne, gestion de projets. J'étais celle qui livrait à temps, qui dépassait les attentes, qui disait oui. Deux fois, j'ai tout donné à un projet jusqu'à l'épuisement complet - et deux fois, au lieu d'une reconnaissance, on m'a demandé de partir.
En parallèle, je courais pour évacuer le stress. J'étais pompière volontaire parce que j'aimais aider les autres - même quand mon propre corps me criait de ralentir. J'avais des douleurs lombaires chroniques. Je continuais. Je voulais prouver que j'étais forte, capable, indispensable. C'est une histoire que beaucoup de personnes que je rencontre connaissent aussi bien que moi. Et puis le Covid est arrivé. Et mon corps a dit : plus. Je n'arrivais plus à faire les entraînements que je m'imposais. Pour la première fois, j'ai dû m'arrêter vraiment - pas parce que j'avais choisi de me reposer, mais parce que je n'avais plus le choix. Et c'est dans cet espace vide que j'ai commencé à ressentir mon corps autrement. J'ai découvert le pole dance - et avec lui, quelque chose que je n'avais jamais cherché : la légèreté qui naît d'une force profonde. Pas la force qui impose. La force qui s'exprime.
Ma professeure de danse contemporaine m'a dit un jour : "tu devrais enseigner le Pilates." Et c'est là que tout a changé. J'ai pris cette phrase au sérieux. En plein Covid, après la fin d'un projet, j'ai commencé ma formation. Pas parce que c'était le bon moment - il ne l'était pas. Parce que c'était le bon choix.
Plus tard, j'ai rencontré une professeure qui a changé ma façon de voir le Pilates — et de me voir moi-même. À travers elle et sa communauté internationale, j'ai découvert que cette méthode va bien plus loin que ce qu'on imagine. Et que ma voix, ma façon d'enseigner, ma conviction - elles étaient là depuis le début. Il fallait juste quelqu'un qui les révèle.
Je grandis encore.
J'ai appris que la vraie force ne durcit pas. Elle libère.
J'ai appris que prendre soin de soi n'est pas un luxe - c'est la condition pour pouvoir continuer à aider les autres.
Les pompiers le savent mieux que personne: on ne peut pas secourir quelqu'un si on est soi-même à plat.
J'ai appris à dire non. Peu à peu.
Ce n'est pas encore parfait - mais c'est réel.
Et je veux transmettre ça aussi : cette liberté intérieure qui commence dans le corps.
